02 Pièce ajoutée dans un espace blanc. Elle n'a rien à faire dans cette partie du manuscrit. Le Kyrie faisant partie des pièces de l'ordinaire de la messe
05 Incipit d'un répons qui se chantait à la procession avant la messe à la Trinité et au temps après la Pentecôte
06 Antienne destinée, comme celles de la page précédente, à la procession avant la messe. La lettre initiale "I" n'a pas été réalisée.
Le texte de cette grande antienne mariale est tiré d’une ancienne version du Cantique des Cantiques (ch. 4, versets 6-8). Il était couramment interprété comme une évocation de la beauté de Marie, notamment de son Immaculée Conception (c’est-à-dire de sa parfaite immunité au péché, y compris du péché originel, dont elle fut préservée lors de sa conception). Cette doctrine était en plein essor du temps de saint Norbert qui en était un partisan fervent, au point d’avoir choisi la couleur blanche pour l’habit de son ordre en hommage à la pureté de Marie. Selon l’interprétation que Hugues de St Victor donne de ce texte, le blanc était aussi la couleur symbolisée par le Liban, qui est ici la pureté de la chair faisant suite à sa mortification (la myrre). La voie de la purification passe par la montagne, et est donc plus difficile que la pureté acquise sur les «collines» du Liban. Dieu invite l’âme du Liban vers un nouveau Liban, de la blancheur acquise à la blancheur innée. L’âme de Marie dépasse Seyr, qui symbolise le monde et la chair, s’éloigne du Diable (Hermon), rejette les richesses et l’orgueil des hérésies (les lions et les lépoards).
Cette antienne était très répandue dans les liturgies de type français et est même attestée dans le rite pratiqué par les croisés à Jérusalem. Elle se chantait plutôt lors de processions ou d’autres occasions para-liturgiques. Musicalement, elle s’inscrit dans la pratique modale telle qu’elle s’est développée à partir du XIe siècle, avec ses modes clairement définis sur la base de superpositions de quintes et de quartes. Le mode principal est ici l’authente de sol, que souligne la quinte aiguë, mais on entend une belle descente dans le mode plagal (avec la quarte grave) sur les mots je parlerai à mon épouse, pour exprimer une certaine tendresse dans l’intonation de la voix.